Et plus encore !

Auteur  
# 27/09/2009 à 23:30 Chlodweg
Bon, je veux bien prendre l' initiative ... en espérant qu' au final, on ne me jettera pas des cailloux !
Seule conditions pour que cela fonctionne, les gens qui lisent doivent participer. Au cours de ma vie, j' ai eu beaucoup trop de monologues gênants. On ne sait plus quoi dire, on ne sait plus ce que les autres en penses ...

Donc pour ceux qui prennent le train en marche, cela fait suite à "interprétation du signe astrologique de Beethoven".
Alors bonjour à tous et j' espère de nombreuses contributions ...
# 27/09/2009 à 23:47 Chlodweg
J' ai écouté la sérénade que tu as trouvé. Je ne la connais pas. Elle est curieuse, elle fait penser au « style galant » de Mozart, d' habitude avec Beethoven, c' est surtout l' influence de Haydn qui se fait sentir dans les œuvres de jeunesse. Sans doute est-ce bien le propre de Beethoven. A tous les compositeurs, on peut accrocher une étiquette qui fait que leur style est repérable entre mille, sauf Beethoven qui est une exception à toutes les règles. Toujours neuf, toujours déconcertant … Il faudrait chercher le contexte de l' écriture du morceau. Généralement, les sérénades sont des pièces de circonstances composées pour des mariages ou des fêtes privées.
A propos, connais-tu la sonate 26 ? C' est une de mes préférées, moins tapageuse que l' appasionata et moins difficile que les derniers numéros. Elle s' appelle l' Adieu et compte trois mouvements, le premier l' adieu, le second l' absence et le troisième le retour. Elle est dédiée à l' archiduc, même si on se pose la question de savoir s' il pensait vraiment à l' archiduc quand il l' a écrit, car on imaginerait plutôt un amoureux transi qui attend sa belle. Mon préféré est le mouvement lent, l' absence. Il joue énormément sur les silences qui acquièrent une valeur en tant que tels, il s' autorise des changements de rythme qui deviendront une habitude dans la musique romantique. Il rend l' absence palpable par le contraste entre de brefs moments d' agitations environnés d' un calme triste, une fausse résignation. S' il y a amour là derrière, il est optimiste car le contraste est total avec le mouvement suivant, le retour, qui est pétillant d' espiègleries. Le chagrin est de courte durée …
A propos aussi d' une question que tu te posais sur les deux sonates « quasi une fantasia ». Ce sont bien ces deux sonates qui portent ce nom, c' est-à-dire OP 27 1 et OP 27 2, deux sonates réunies dans un même numéro d' opus (OP 27), nom qui veut à peu près dire : en forme d' improvisation. Seulement après la mort de Beethoven, un mélomane a appelé OP 27 2, Claire de lune, nom qui lui est resté. Je pense que c' est pour cela que quand tu fais une recherche sur « quasi una fantasia », on te renvoie aux deux sonates.

Aujourd' hui, j' étais au parc Vulcania toute la journée. C' est un parc à thème très connu en France pour être issu de la volonté politique de l' ancien président Giscard D' Estaing qui voulait créer une activité touristique dans sa région d' origine. C' est pour cela que les gens l' ont surnommé le Giscardoscope ! Je ne suis pas tellement parc, mais on en a tellement parlé que j' ai profité de l' occasion que représentait l' organisation d' une sortie entre collègues. Le contenu scientifique est vraiment maigre, je me suis amusé à compléter les commentaires du guide. Evidemment, je me suis encore fait remarquer … Une journée, c' était vraiment trop court, ce qui fait que nous avons été cloitré dans les pièces à thème alors qu' il y avait des promenades en extérieur à faire ... Le seul espace vert que nous avons pu visiter était le jardin de fougères arborescentes importées à grand frais de Nouvelle Zélande. Ce sont vraiment des plantes incroyable. Ces plantes poussaient à Montceau durant la préhistoire, on en a retrouvé fossilisées dans le charbon.
Autrement ? Je ne casserai la tête à personne avec cela. Les effets spéciaux sont jolis même s' ils n' apprennent rien … Le repas qui nous a été servi était généreusement arrosé de la piquette locale. On m' avait prévenu que le vin d' ici était vraiment mauvais, mais c' est au-delà de tout ce que l' on peut s' imaginer ! J' ai voulu faire le malin et j' ai bu tout ce qu' on m' a présenté. Je craignais la migraine mais ce sont les intestins qui sont détraqués … et je dois me lever tôt demain !

Hier, j' ai parlé de « source », c' est du vocabulaire technique en histoire. Ce n' était peut-être pas une bonne idée d' employer ce mot là. C' est une façon de dire que si on veut connaître Beethoven sans se contenter de ce qu' en dise les biographes plus ou moins bien inspirés, il faut réfléchir sur plusieurs sortes de documents; tout ce qu' a laissé comme écrits Beethoven lui-même et ensuite, recueillir tous les témoignages des gens qui l' ont connu personnellement. Tu te doutes bien que c' est quelque chose de très théorique, vue les documents qui sont réellement disponibles !
Pour continuer sur ma lancée, il y a quelque temps, j' avais tapé par désœuvrement, Beethoven comme nom d' auteur sur la base de données de la BNF (Bibliothèque Nationale de France), qui a d' ailleurs un moteur de recherche très médiocre, puisqu' en mettant Beethoven comme « auteur », il me donnant tous les livres « sur Beethoven », ce qui n' était pas la question … Bref, après un tri forcené pour enlever tous ce qui était supports sonores et partitions, je suis parvenu à isoler un livre qui s' appelle « Traité d' harmonie et de composition ». Evidemment, j' ai été très intrigué quant à savoir si c' était vraiment Beethoven qui avait écrit ce livre, puisque j' avais lu qu' il voulait écrire une méthode de piano mais qu' il n' en avait jamais eu le temps. Finalement, après diverses recherches, j' ai fini par trouver que ce livre n' avait été publié qu' en 1833 (donc après sa mort) et était une sorte de reconstitution à partir de nombreuses notes qu' il avait écrites sur ce sujet. Donc, c' est un livre un peu bizarre qui est de lui tout en n' étant pas réellement de lui. Ensuite, le problème de ce livre, c' est que sa première et sa dernière édition datent de 1833 !!! En d' autres termes, il est introuvable. C' est sans compter sur ma mauvaise humeur. Il est existe sous forme téléchargeable sur google … Là second bémol, il est illisible sauf connaissances musicales solides, néanmoins, cela existe et c' est disponible même si cela me fait enrager que ce soit la bibliothèque de New York qui mette cette traduction française à disposition alors que moi je ne peux même pas en regarder la couverture en me déplaçant à la BNF, accès réservé aux chercheurs … Parfois, les Français ont une attitude minable. Enfin, je crois que le lire pourrait être utile pour comprendre comment il voyait la musique et ce qu' il en attendait.

Voilà,
Concerto pour clavier d' ordinateur avec réponse obligée !
# 29/09/2009 à 11:32 Beethovenmaniac
Oui... pour la sérénade,il devait avoir encore un peu des influences de Mozart car c'est en 1795 je crois et Mozart est mort en 1792... mais sur mon CD,elle est exécutée moins rapidement que sur le vidéo que j,ai trouvé...il n'y a que le 4ième mouvement qui est égal à mon CD et c'est mon préféré...

Je ne suis pas sure mais je crois qu'elle avait été écrite pour ajouter à un concert de charité organisé avec Constance la veuve de Mozart...

La 26 eme sonate... eh que oui je la connais !!! je l'adore !!!

Beethoven s'autorise toujours des changements de rythme... c'est pour ca qu'on l'aime... sa musique ne ressemble en rien à celle des autres compositeurs... il est imprevisible... il nous fait des surprises... il peut facilement sauter d'un espace triste à mourir dans un espace heureux et même moqueur... un caractère entier notre Ludwig... il est comme mon ami...

Et pour les deux sonates Quasi una fantasia et Clair de lune ben je ne savais pas... tu m'apprends des choses... mais j,adore les deux... j'aime beaucoup les sonates !!! et ce qui est avantageux avec les sonates c'est que pour qui aime jouer de la guitare acoustique,il peut très bien les interprèter sur sa guitare... c'est très beau aussi...bien sur,je les aime mieux au piano mais...

Il y a tant à dire sur la musique de Beethoven... et comme toi,j'aimerais beaucoup que les gens parlent de ce qu'ils ressentent en écoutant ses oeuvres... leurs préférées... enfin ce qu'ils en pensent... mais parfois,les gens ne connaissent pas beaucoup la musique classique et ils n'osent pas en parler de peur que ca paraisse... mais ca serait super intéressant de savoir l'avis de tous... et puis,on ne doit pas être les deux seuls qui aiment le classique et surtout Beethoven...

Tu es allé au parc... j'adore les parcs... un peu de nature m'enchante... je ne sais pas si vos parcs sont aussi grands que les notres... ils sont très grands ici... le parc Johnson qui est situé près du lac Boivin c'est comme si nous serions à la campagne... même comme en pleine forêt... et si nous allons au Centre d'Interprétation de la Nature du lac Boivin qui est juste à coté du parc,on y voit des chevreuils et les oiseaux viennent manger dans notre main... les écureuils viennent nous quêter à manger et ils mangent aussi dans notre main... j'adore !!!

Tu m,as fait rire en parlant de la Piquette locale... tu aurais du apporter ton vin préféré... tes intestins t'auraient remercié...et ton repas aurait été plus agréable...

Je ne savais pas que Beethoven avait voulu écrire un livre... encore une chose que tu m'apprends... mais Beethoven voulait faire plein de choses... il aurait vécu jusqu'à 100 ans et il n'aurait pas fait tout ce qu'il voulait... il voulait tout donner de lui... en ca aussi il ressemble à mon ami...

Mais ils ont l'air très sévères aux bibliothèques de chez-toi !!! ici,il n'y a aucune restriction... bien sur certains livres ne peuvent être empruntés et on doit les lire sur place mais c'est très bien organisé... on a des coins lecture très confortables avec ordinateurs disponibles... les étudiants viennent souvent faire des recherches pour leurs travaux...

Mais là,je parle de ma ville... j'ignore si c'est la même chose dans les autres villes du Québec...

Beethovenmaniac



# 29/09/2009 à 23:05 Chlodweg
Sévères, nos bibliothécaires ? Stupides plutôt ! Et puis, mon problème, c' est que j' ai tendance à venir y chercher des livres très anciens et très rares. Ceux qu' on peut trouver, je les achète neufs ou d' occasion. Mais les autres ? Souvent, on ne les trouvera que dans une bibliothèque d' une ville universitaire, voir même à Paris uniquement. Si j' arrive à persuader quelqu' un de m' emmener à Besançon qui est à 200km de chez moi pour m' entendre dire que le livre qui m' intéresse n' est consultable que sur place. Que faire, je ne vais tout de même pas m' installer à l' hôtel le temps de le terminer !!! Je comprend bien l' optique du bibliothécaire qui ne veut prendre aucun risque avec le bouquin dont il a la charge, seulement, je crois que précisément dans de tel cas, on devrait numériser les livres ou au moins les photocopier et laisser des copies en libre accès. Dans mon esprit, le but d' une bibliothèque, c' est de mettre le savoir à porter de tous, pas d' en faire une espèce de fossile. Autre subtilité, je ne lis que très rarement un livre d' un bout à l' autre, sauf si c' est un roman, généralement, soit je les lis plusieurs fois, soit j' en utilise plusieurs en même temps s' ils concernent le même sujet, je fais des allé retour dans les bouquins … C' est une façon de faire qui impose de l' avoir sous la main, à disposition au moins un certain temps.
Les idées n' émergent jamais de façon très rationnelle dans mon esprit. La plupart des gens qui cherchent quelque chose, rassemble des éléments en fonction de ce qu' ils cherchent. Moi, je ne sais pas ce que je cherche avant de l' avoir trouvé. Je me fie à une impulsion qui fait que je vais rassembler des documents autour de moi, sans aucune logique apparente et sans aucune idée de départ. Je vais brasser tout ces éléments et au bout d' un moment, ce que je cherchais va m' apparaître d' un seul coup … d' une façon qui semble très logique mais qui est complètement a posteriori … Je ne sais pas pourquoi j' ai besoin de tel ou tel livre, mais je sais qu' à un moment ou un autre ce livre va prendre sa place dans un projet.
Un peu aride tout cela ...

Samedi prochain, je serai encore en excursion. Un repas gastronomique est prévu, il y aura sûrement encore du vin de la région et j' en boirai sûrement encore. Je suis totalement incorrigible de ce côté. Pourquoi ne pas emmener un breuvage d' ailleurs ? Je m' imagine la tête que ferai mes compatriotes bourguignons si quelqu' un venait à un repas avec sa bouteille de Bordeaux ! Ce serait impossible de faire un plus grand outrage à la personne qui vous reçoit … Quant à moi, je ne bois pas seul, uniquement en compagnie, joyeuse si possible.

Parler de ce que l' on ressent en écoutant telle ou telle musique … Je n' ai guère fais qu' effleurer le sujet parce que c' est rentrer dans mon intimité. Ça m' est difficile d' en parler. Je me souviens qu' une fois, j' ai eu un sujet qui tournait autour de ça pour une dissertation de concours, c' est là que j' ai eu ma plus mauvaise note. On aurait dit que je m' efforçai d' éviter le sujet et de ne pas en parler. Je serai bien curieux de savoir comment est-ce que les autres personnes vivent les choses car pour mon compte, cela a toujours été une expérience plutôt violente. Tu m' a dis ailleurs que tu n' aimais pas l' orage. Moi, c' est le contraire, j' adore l' orage, quoique la foudre soit tombée trois fois sur la maison. L' imminence de l' orage me fait presque le même effet que la musique. Je sens venir l' orage de très loin. On dirai que je peux percevoir l' électricité de l' air car en même temps, elle me traverse complètement. Je vais toujours me poster dehors et j' attend. Je sens ces forces grandir avec une incroyable envie de rire aux éclats. Plus, je me sens bien, rempli de cette force étrange et de cette joie turbulente, plus je sais que l' orage sera violent. J' ai dit que je n' aimais pas la pluie, sauf dans cette occasion … Je ne peux pas me montrer ainsi aux gens, d' autant que souvent, je me met à dire tout ce qui me passe par la tête.
Une fois j' avais écrit à un de mes amis après avoir écouté la 4ème et la 7ème symphonie. Il me répondit pour me demander ce que je buvais (façon de dire que je n' étais pas dans mon état normal) et qu' au lieu de parler de musique, j' aurais mieux fait de parler de moi. A cette personne, je n' ai plus jamais écrit, pour n' avoir pas compris que d' une part, je n' ai pas besoin de stimulant, et que d' autre part, je n' avais jamais été autant moi-même qu' à ce moment là. Je me suis détourné des autres humains car j' étais conscient que ce genre d' expérience n' était pas très courant. Beethoven, je l' ai laissé sur l' étagère avec une obscure méfiance. Tout le mal ne vient pas de lui pourtant, non, il était seulement dans ma tête depuis toujours et il attendait que quelqu' un le réveil. Je l' ai repris bien sûr. Qu' est-ce qui était le pire ? L' exaltation que cela provoquait ou le sentiment que ma vie serait misérable sans musique ? Pour des choses qui dépassent le sens commun, il y a toujours un prix à payer … Le Tao ne dit-il pas : qui tient à une chose la perdra. Le démon n' est pas dans mes oreilles, il s' est insinué bien plus loin. Démon ? Ce n' est pas qu' une image … ma mère avait parlé un temps d' exorcisme à mon sujet. Mais il se trouve que je l' aime bien mon petit démon de compagnie, même si c' est un grand tigre bien méchant, seulement voilà, j' aimerai le faire chanter maintenant… Et il chantera, même si je dois lui chauffer les pieds !!!

Y a t' il encore quelqu' un ou est-ce que tout le monde s' est sauvé !!!!!
# 30/09/2009 à 14:46 PFB
Bonjour Chlodweg,

Pour ma part je suis loin de la fuite car comme je le disais à la ''boss''ici j'aimes bien tes propos et ta plume.Même si je ne m'y connais pas en classique j'aime beaucoup ta manière d'en parler et j'aime bien aussi ta manière de raconter la simple vie.Je comprends et j'arrive à sentir tes arguments et impressions.Pour ce qui est de l'orage,je tenais à souligner que je partage entièrement ton ressentis et c'est bien la première fois que j'entends quelqu'un en parler ainsi à part moi...ca fais tellement de bien un orage c'est fou Et il est vrai que j'avais pas fait la comparaison mais il est très juste de le comparer à une bonne musique,une explosive par contre quelque chose qui te rentre dedans.

J'espère que tu ne cesseras pas d'écrire quitte à lasser quelques uns tu en fais profiter beaucoup d'autres.Ta lecture m'apporte une belle distraction sans parler d'une belle nourriture enrichisaante.

Merci à toi !

Et garde toi des autres surtout,reste authentique tel que tu l'est.

En toute amitié virtuelle,

PFB
# 30/09/2009 à 14:50 PFB
J'oubliais d'ajouter que le piano me fais et m'a toujours fait vibrer,si une chanson commence en piano(du vrai pas synthétique) il est presque que je l'adopte.

PFB
# 30/09/2009 à 23:43 Chlodweg
Enrichissant ?
Tu dis que tu ne t' y connais pas en classique. Ce n' est pas la peine, il ne faut pas se laisser intimider par ce genre de considérations. Je me souviens qu' une fois un copain de fac m' avait demandé comment on écoutait Wagner. Je l' ai regardé avec une immense perplexité parce que je ne m' étais jamais posé la question de cette façon là. A vrai dire, je ne me l' étais même posé du tout. La Tétralogie passait à la télé, j' ai regardé, je n' ai pas aimé du tout et j' ai couru m' acheter les quatre opéras … C' est totalement irrationnel. Je sentais que cette musique avait du potentiel, alors j' y suis allé et finalement, cela a marché. Bref, à mon copain, j' ai failli lui dire : avec les oreilles. C' est-à-dire d' essayer, tout simplement. Mais cela aurait été une mauvaise réponse. Les oreilles ne sont pour rien dans le fait d' entendre. Si on écoute Beethoven avec ces oreilles, c' est mort, on n' y comprendra jamais rien. Avec quoi, on écoute ? Avec son cœur, sans doute … Avec son âme … Avec une espèce d' alchimie incroyable qui fait qu' avec certaines personnes cela marche et que d' autres pourraient passer leur vie à s' acharner pour rien.
En France, je ne sais pas ailleurs, il y a un gros problème avec le classique, dans le sens que c' est un marqueur social. Pour faire court, c' est un truc de vieux ou un truc de riches. Ben oui, c' est pas tout les enfants qu' on envoie faire du piano, ce sont les fils de médecins, avocats, cadres sup … C' est ce que j' ai toujours trouvé pitoyable, c' est avant même d' avoir du talent, il faut naître dans une famille qui ait les moyens de te permettre de l' exprimer. A Besançon, l' opéra était une caricature, c' était moins une salle de concert qu' un salon mondain où les gens venaient moins pour entendre de la musique que pour être vu dans un lieu d' une culture supposée élitiste. Autant dire que quand j' ai vu ça, je n' ai pas pu résister à l' envie de me moquer de tous ces braves gens ! J' y suis allé avec les vêtements les plus défraichis que j' avais en réserve, je traînais une veste en cuir trouée et des bottes en ruine à cette époque là. Je m' arrangeai pour éviter de me laver quelques jours à l' avance … Et je réservais toujours les places les plus chers … Comme personne n' a encore eu l' idée d' apposer à la porte des salles de concerts « tenue correcte exigée » !!! Et tout cela avec le plus grand sérieux … ce que j' ai pu rigoler intérieurement en regardant tout ces braves gens se reculer avec effroi ! Mais il y avait une différence majeure entre eux et moi, c' est qu' une fois la lumière éteinte, ils auraient à s' ennuyer trois heures et moi, je soupirerai que cela fini trop tôt.

Quelque chose à écouter pour quelqu' un qui n' y connait rien ? … Tu dis que le piano te parle. Tu pourrais écouter le concerto N°21 de Mozart, c' est un bijou de grâce et de beauté. Mon enregistrement préféré est très vieux et de très mauvaise qualité et date de 1954 (je crois), avec Karajan à l' orchestre et Dinu Lipati au piano. Il s' agit d' un pianiste roumain qui est mort très jeune d' une leucémie, il n' a laissé que très peu d' enregistrement mais il est un des rares à faire oublier une technique remarquable dans une impression de simplicité extrême. La place est toute entière donné à la musique et ne tourne pas comme avec beaucoup de pianistes actuels au numéro d' exhibitionnisme de mauvais goût.
Il paraît que Beethoven n' aimait pas jouer pour ces nobles mécènes ou alors seulement dissimuler derrière un rideau. C' est le genre de chose que j' aimerai infliger comme punition à bon nombre de pianistes, pour leur rappeler que seule la musique compte vraiment, et pas leur inestimable personne.

… Passons … Autrement, l' avantage du classique, c' est qu' il y a pour tout les goûts. Pour ce qui est des émotions fortes, je recommande toujours Wagner et aussi un compositeur moins connu, Richard Strauss (qui n' est pas apparenté aux Johann Strauss père et fils qui écrivaient des valses). Richard Strauss est bavarois d' origine, il a toujours été très attaché à sa région, il aimait la nature et tout particulièrement les randonnées en montagne. Il a écrit beaucoup d' opéra mais aussi de la musique pour orchestre seul contrairement à Wagner. Je choisirai la Symphonie alpestre (la scène d' orage est à ne pas rater), Ainsi parlait Zarathoustra (son magnifique levé de soleil) et Mort et transfiguration (peut-être un peu plus abstrait). Pour ce qui est de l' opéra, je reste prudent parce que je sais que certaines personnes ne supportent pas la façon dont la voix est utilisée. Pour quelques uns, ce n' est et ne sera jamais que des hurlements. Bon, c' est un peu triste pour moi, mais c' est comme tout, parfois cela vient et parfois, cela ne vient pas. Je sais qu' étant enfant, cela ne m' a causé aucun problème, je crois même que c' est la façon la plus naturelle de s' exprimer.
L' opéra, c' est un truc à essayer. Je veux dire avec une vraie scène et de vrais acteurs. Ce n' est pas du tout le même effet que tranquillement chez soi avec un CD, cela pousse les gens à des réactions extrêmes, en principe soit ils aiment, soit ils détestent, mais au moins, on est fixé … C' est vrai que c' est cher et qu' il faut se déplacer, mais il faut l' avoir fait une fois dans sa vie.

J' espère que c' est intéressant ...
Il faut me dire si c' est bon, il y a des fois où je suis un peu difficile à suivre. On pourrait parler de Goethe (que Beethoven adorait lire) ou de la vie à Vienne à son époque, ou de musique toujours et encore de musique, jusqu' à la folie …
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